J’ai tant aimé ce cliché que j’ai eu envie de le raconter à ma façon. N’est ce pas cela la magie de la photographie ?
Lorsque je l’ai rencontré, elle pleurait déjá.
Ses yeux noyés dans son verre de bourbon. Elle portait une robe jauni par le soleil et une ceinture nouée à la taille. Je remarquai alors sa légendaire taille de guêpe. Elle était comme une enfant dans un corps trop grand, les idées et la réalité déparaillées, troublée par les couleurs et les sons. Elle m’avait absorbé dans sa propre abscence. Les larmes devaient donner un gout âcre à l’alcool. When I met your mother, she was sitting alone with a glass of whisky, crying like a baby. La faible lumiére était juste assez proche d’elle pour pouvoir caresser son front et réveler son teint d’ébène et ses lèvres charnues légèrement fleuries. Elle leva un instant un regard humide, qui, comme une vague qui s’émoussent sur les rôchers, s’évapora aussitôt. J’eus juste le temps d’éterniser dans ma mémoire ces yeux ombrés. Ils s’étiraient lentement en s’affinant formant ainsi une parfaite amande d’egypte.
Je restais là le coeur gros comme un ballon d’eau chaude prêt à exploser. Le beau est une émotion étrange. C’est un paradoxe en cela qu’il a le dont de provoquer en l’Homme un sentiment contraire à la logique de la théorie des humeurs. Ainsi, la tristesse, ou plutôt, une lègère mèlancolie m’envahit et, dans la joie de la beauté de cet instant, je me surpris à vouloir verser des larmes pour ma belle inconnue. So I gave her a candy, and she smiled at me. Il fallut que ce soit ce soir là que j’eu décidé, plus tôt dans la soirée, de ne pas m’encombrer de mon argentique et que je l’avais abandonné dans ma luxuriante chambre d’hôtel, fermant la porte à double tour en sifflôtant l’air de High hopes d’Onra. Ce jour là je ne pu prendre qu’une photo avec mes souvenirs…mais bon dieu, le temps est un traitre ! Et chaque jour, l’image vieilli, ses couleurs s’affaidissent, des ridûles apparaissent, et je vois ma belle peu à peu me filer entre les doigts. C’était un soir d’Aout. L’été se terminait et les nuits se rafraîchissait. Je l’attendai encore un instant sur le parking, guêttant un regard, un “au revoir”, un espoir. Le ronronnement d’un moteur me parvenait à l’oreille. Sans lever les yeux, elle s’engouffra dans le trou noir d’une Bentley, que je fus surpris de découvrir, stationnée à l’entrée de l’Hôtel et s’évanouit dans la brume. Elle ne prit pas la peine de conjurer le sort qu’elle m’avait lâchement lancé et à jamais me laissa esclave de son souvenir. Et en chaque femme, je cherchais ma buveuse du soir.
Hier, alors que je vaguais à mes occupations mondaines. Je suis tombé nez à nez avec la buveuse d’absynthe de Picasso. J’ai cru pleurer devant mes amis. Mais chassant la vision orinique de la beauté, je parvins à me contenir et demeurai de longues minutes immobile devant cette dame tristesse.
Macy, c’est ainsi que je l’avais baptisé. Car ce soir là elle portait, noué dans ses cheveux, ce foulard à la mode que l’on vendait chez Macy’s.
A l’horizon, dans l’océan grisâtre des cieux, droits comme des “i”, surgissaient les gratte-ciel. Les phares de la ville. Mon coeur se mit alors à battre la chamade. Ou s’était-il simplement remis à battre ?
Big City Girl